8 mars - Pourquoi célébrer les femmes ?
8 mars - journée en l'honneur des femmes
De tous temps, être vivant est difficile. Être un humain est compliqué. Mais être une femme ou une fille, c'est un fardeau.
Physiquement, c'est un corps qui, tout au long de notre existence, sera soumis à de nombreux bouleversements qui, pour une part, peuvent se présenter comme douloureux et pénibles (menstruations, grossesse(s), ménopause, sexualité). Un corps avec des besoins particuliers, mais qui, à travers le temps, semble avoir moins préoccupé la médecine que celui des hommes.
Emotionnellement et socialement, être une femme, c'est porter, en soi, les conséquences des dysfonctionnements d'une famille ou d'une société. Car là où la souffrance et la frustration règnent, les femmes et les filles en paient souvent le prix. Parfois le prix de la vie. Et lorsqu'elles ont la chance de ne pas être elles-mêmes victimes, elles doivent quand même évoluer et s'en sortir avec les mémoires traumatiques de leurs lignées. Un héritage lourd de conséquences.
Encore aujourd'hui, dans certains domaines, être une femme, c'est parfois bénéficier de moins de considération qu'un homme. C'est encore parfois avoir l'impression de devoir s'excuser de ses progrès, de sa présence, de son intelligence, de ses capacités ou de son utilité. Comme si une loi implicite imposait aux femmes de se montrer incapables ou invisibles pour être acceptées.
Le pire étant lorsque des femmes traitent d'autres femmes comme des êtres inférieurs. Comme pour dire : moi je m'en sors, je me suis battue, fais de même si tu veux que je te respecte. Mais ne compte pas sur ma solidarité!
Célébrer les femmes et les filles, un jour dans l'année, ne signifie pas combattre les hommes. Car être un homme n'a rien d'évident non plus. Mais, à contexte de vie égal, une femme devra parfois fournir plus d'effort pour obtenir l'équivalent d'un homme. Pas à cause d'un manque de capacité intellectuelle ou de volonté, mais par manque de chance et d'opportunité. À cause d'un monde et d'une société qui l'ont trop longtemps oubliée, rabaissée, dénigrée et relayée à une place inférieure.
Lorsque l'on prend conscience de la réalité de la vie des femmes, peut-on encore leur imposer l'étiquette du "sexe faible" ? Que les filles et les femmes soient belles, moches, diplômées ou non, riche ou pauvre, mères ou non, mariées ou célibataires, méchantes ou gentilles, toutes sans exception, ne peuvent traverser la vie sans une bonne dose de courage.
Au nom de ce courage, dont certaines doivent faire preuve quasi quotidiennement, ayez une pensée pour elles ou pour vous-mêmes… Encore mieux, une attention bienveillante.
Mais ne nous souvenons pas des femmes uniquement le 8 mars. Faisons notre possible pour nous rappeler leurs conditions:
Le jour où l'une d'elles demande un congé car ses menstruations sont trop douloureuses.
Le jour où l'une d'elles arrive un peu en retard au travail parce qu'elle a passé la nuit à s'occuper de son enfant pendant que son conjoint dormait tranquillement.
Le jour où l'une d'elles consulte un médecin et qu'elle a peur de rentrer chez elle avec pour seule réponse: "c'est dans votre tête, Madame !"
Le jour où l'une d'elles attend de la compréhension et de la participation de son conjoint afin qu'elle n'ait pas à cumuler travail, éducation des enfants, tâches ménagères et soucis du quotidien seule.
Le jour où l'une d'elles postule pour un emploi et s'attend à ce que seules ses compétences et son expérience soient prises en considération et non sa vie familiale.
Le jour où l'une d'elles partage son expertise et espère que seul son discours sera analysé et non son apparence physique.