Explique-moi. Je ne comprends pas.
Hier tu étais là. Nous rigolions. Nous nous disputions.
Et aujourd’hui, je ne te vois pas. Je ne te trouve pas.
Où es-tu ?
Oui, on me l’a dit, on me l’a répété. Encore et encore.
Mais c’est faux ! Ce n’est pas vrai ! Ils ont tort !
Je ne comprends pas.
Dis-le-moi, où es-tu ?
Attends-moi ! Ne t’inquiète pas, j’arrive, je viens te chercher !
Je ne suis plus maître de quoi que ce soit.
Sur mon visage, les larmes me rongent. Ce n’est pas moi. C’est mon corps.
Lui, il pleure. Il se l’autorise. Il semble accepter ce qui pour moi n’est que mensonge.
Que sait-il que j’ignore ?
Heureusement qu’il est là.
Alors que je m’enfonce dans l’horreur, lui, il avance. Il nous porte.
J’ai besoin de te voir, de te toucher, de te parler.
De t’embrasser, de te hurler dessus !
Et… de te dire à quel point je t’aime.
Je t’en prie, reviens !
Pas longtemps, juste une minute !
Le temps que je puisse te regarder, que je puisse te serrer dans mes bras. Juste une dernière fois.
S’il te plaît, fais-le pour moi !
Où es-tu ? Que fais-tu ? Est-ce que de là où tu es, tu me vois ? Est-ce que tu m’entends ? Est-ce que je peux faire quelque chose pour toi ? Laisse-moi t’être utile ! S’il te plait ! On fera tout comme avant. J’en ai tellement besoin !
Autour de moi, les gens s’activent. Ils parlent, ils organisent, ils me consolent. Mais comment leur dire que ce n’est pas ce dont j’ai besoin ?
Oh, si tu savais comme je souffre ! J’ai tellement mal ! A un tel point ! Je ne pensais pas qu’une telle douleur était possible.
Pourquoi toi ?
Pourquoi me faire ça, à moi ?
Pourquoi nous faire ça, à nous ?
Qu’a-t-on fait de mal ?
Qu’est-ce que je n’ai pas compris ?
Raconte-moi! Explique-moi! J’ai besoin de comprendre.
J’ai besoin qu’on laisse mes yeux pleurer et ma bouche hurler !
J’ai besoin d’accuser !
J’ai besoin de taper !
J’ai besoin de punir !
J’ai besoin d’insulter !
J’ai besoin de sortir de moi, de mon corps !
J’ai besoin… de toi ! Oui de toi ! Juste de toi.
Moi, je veux qu’on te ramène à moi.
Je veux ressentir ta présence.
Sentir ton odeur.
Entendre ta voix.
Oui !! Je veux cuisiner pour toi ! Préparer ton plat préféré, comme à tous tes anniversaires !
J’ai envie de sourire, en te regardant t’empiffrer jusqu’à plus faim ! Comme avant.
J’ai envie qu’on ait un de ces fous rires sans fin ! Comme avant.
J’ai envie de me moquer des gens, de râler et de pleurer avec toi ! tout comme avant.
Évidemment, je me mettrai en colère contre toi !
Tu croiras que je suis fâché.
Mais tu ne verras pas qu’en vérité, j’ai peur.
Je t’aime tellement que j’ai tout le temps peur pour toi.
Et je n’arrive pas à te le dire autrement qu’à travers ma colère.
Peut-être que maintenant, de là où tu es, tu le comprends enfin ?
Mon amour pour toi est sans fin.
Pour l’instant, je laisse mon corps décider. Je le laisse nous guider.
Peut-être qu’un jour, j’arriverai à le suivre.
Peut-être qu’un jour, je sortirai de l’horreur.
Peut-être qu’un jour, j’accepterai.
Peut-être qu’un jour, je comprendrai… que ce n’est qu’un au revoir.
Et ce jour-là,
J’espère être capable d’avoir à nouveau des fous rires pour nous deux.
J’espère prendre du plaisir à manger ton plat préféré.
J’espère à nouveau profiter avec toi… autrement.
Si un jour j'en suis capable, je le ferai pour toi… pour moi… pour nous… et pour tous ceux qui restent et dont les yeux te pleurent.
En souvenir de toi. En souvenir de nous.
En hommage à toi. En hommage à ce bout de chemin que nous avons partagé.
En l’honneur de l’étincelle de vie et d’amour que tu resteras à jamais pour moi.
Aussi longtemps que je respirerai, tu vivras avec moi… en moi.
Je ne t’oublierai pas, nous ne t’oublierons pas. Compte sur moi.
En attendant,
Laisse mes yeux te pleurer.
Laisse ma bouche hurler.
Laisse-moi y croire encore... Mon ami... mon amour... mon enfant.